Rêve nomade : Un voyage autour du monde… à vélo

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Texte : Marie-Josée Gaudreau
Crédit photo : François-Xavier Delemotte

Rêve nomade : Un voyage autour du monde& à vélo
Rêve nomade : Un voyage autour du monde… à vélo

Une jeune famille a quitté Montréal pour réaliser un rêve : partir trois ans pour faire le tour du monde et découvrir les plus belles parois d’escalade. Passionnés de plein air et de voyage, François-Xavier Delemotte, Cécile Choyau et leur fille Emma, 6 ans, ont choisi de sillonner les villes du monde à vélo. Tous deux directeurs marketing, Cécile et François-Xavier ont quitté leurs postes respectifs et vendu la plupart de leurs biens pour réaliser leur rêve nomade. La petite famille envisage de parcourir environ 47 000 km et de rouler sur les cinq continents. Nous les suivrons donc dans leur périple.

M.G. : Comment vous est venue l’idée de faire ce voyage autour du monde en vélo ? Est-ce que vous y pensiez depuis longtemps ?

Rêve nomade : C’est effectivement un rêve que nous avions depuis longtemps, depuis notre rencontre, en 1998, pour être précis. À l’époque, nous avions griffonné, sur un vieil atlas, un itinéraire « de rêve » que nous ferions, peut-être, un jour, sans trop y croire. Puis, nous sommes arrivés au Québec et nous avons passé les 13 dernières années à jouer dehors. Lentement, notre vieux rêve a ressurgi, plus concrètement, il y a deux ans. Nous voulions prendre le temps de vivre à temps plein notre passion pour le plein air, l’escalade et le voyage durant quelques années. Nous voulions voyager en vélo, car pour nous, il s’agit du mode de transport le mieux adapté : suffisamment lent pour profiter du paysage, ouvert sur le monde afin de pouvoir multiplier les rencontres, sportif et écologique à la fois, ce qui est un impératif pour nous : nous voulons voyager « propre ». Par ailleurs, notre fille a six ans; elle est assez grande pour pédaler avec nous et se rappeler ce voyage plus tard. Le « timing » était donc idéal, alors nous avons « sauté ».

M.G. : Combien de temps avez-vous consacré à la planification du voyage ? Est-ce que ce genre de périple demande beaucoup de préparation ?

Rêve nomade : Nous avons passé les deux dernières années à planifier le voyage, essentiellement les soirs. Effectivement, ce genre de projet nécessite une certaine planification, pensons à l’itinéraire, au budget à réunir, aux formalités administratives et relatives à la santé. On doit effectuer quelques étapes plus de six mois à l’avance, notamment recevoir certains vaccins. Dans notre cas, nous devions aussi planifier la vente de nos biens, ce qui prend du temps. Ceci dit, nous connaissons des personnes qui sont parties pour un voyage autour du monde en ayant moins de trois mois de préparation : tout se fait !

M. G. : Comment votre fille a-t-elle réagi lorsque vous lui avez annoncé votre projet ? Comment s’adapte-t-elle à ce genre de voyage ?

Rêve nomade : Nous lui avons appris la nouvelle neuf mois avant de partir. Sa première réaction : une grande joie instantanée. Puis, les jours suivants, elle a réalisé les « contraintes » qui seraient engendrées par une telle décision : ne plus voir ses amis ni son chat, quitter sa maison et ses jouets… Nous lui avons expliqué que ces pertes étaient momentanées et qu’en contrepartie elle découvrirait tant de choses. Depuis notre départ, elle nous a surpris : elle s’est très vite adaptée à son nouveau mode de vie nomade. Dès les premiers jours, elle allait à la rencontre des enfants qu’elle croisait, et ce, malgré la barrière de la langue. Quant au vélo, si les premières côtes ne lui plaisaient pas trop, elle s’y est habituée très vite et peut maintenant passer ses journées en selle, à se raconter des histoires, chanter et découvrir le monde qui l’entoure.

M. G. Quel genre d’équipement traînez-vous ?

Rêve nomade : Nous avons le nécessaire pour être autonomes partout où nous passerons : équipement de camping, vêtements, moyens de communication, nourriture, santé et sécurité, quelques jouets… Seul le matériel d’escalade ne nous suit pas : nous l’envoyons de place d’escalade en place d’escalade. En général, le matériel que nous avons a été choisi pour sa légèreté, son faible volume et sa robustesse.

M. G. : Quel est l’itinéraire prévu ? Combien de pays explorerez-vous durant votre périple ?

Rêve nomade : Notre itinéraire a été basé selon les parois d’escalade que nous souhaitons grimper et les parcs naturels que nous voulons visiter, le tout selon les saisons. Nous devrions rouler sur tous les continents et traverser une quarantaine de pays. Mais tout ceci reste hypothétique et sujet à changement selon de nombreux impondérables, comme la météo ou la situation politique des pays traversés.

M. G. : Comme l’un des objectifs de ce voyage était de pouvoir vous adonner à l’escalade combien de parois avez-vous grimpées jusqu’à maintenant ?

Rêve nomade : Nous avons grimpé les parois de Skaha, durant une semaine, dans la vallée de l’Okanagan, en Colombie-Britannique. Nous avions prévu aller grimper à Squamish et Lake Louise, mais, malheureusement, dans les deux cas, la météo nous en a empêchés.

M. G. : Après trois mois (vous êtes partis au mois de mai), où en êtes-vous dans votre voyage ?

Rêve nomade : Nous sommes actuellement (16 août) à Jackson, dans le Wyoming. Nous venons de sortir du parc national de Grand Teton. Nous sommes un tout petit peu « en retard » sur notre itinéraire prévu, mais puisque nous avons trois ans pour faire notre voyage, nous ne sommes pas à quelques semaines près…

M. G. : Avez-vous rencontré certaines embûches auxquelles vous ne vous attendiez pas ?

Rêve nomade : Sincèrement, pas vraiment. Nous nous sommes habitués à gravir les cols montagneux et nos corps se sont adaptés à ces défis quotidiens. Nous nous habituons à vivre ensemble 24 heures sur 24 et notre fille semble s’épanouir, donc toutes les lumières sont « au vert » pour l’instant.

M. G. : Où hébergez-vous durant ce périple ?

Rêve nomade : Nous avons plusieurs options, du camping sauvage au motel, en passant par le logement chez les gens, des amis ou des gens que nous rencontrons ou chez qui nous sonnons pour leur demander de camper dans leur cour ou dans leur champ. Nous passons la majorité de nos nuits en camping.

M. G. : Jusqu’à maintenant, avez-vous fait de belles rencontres ? Quels endroits avez-vous aimés le plus visiter ?

Rêve nomade : Les rencontres sont effectivement ce qui rend le voyage unique et mémorable. Nous avons fait des rencontres inoubliables, comme ce couple à Revelstoke qui est venu nous voir pour nous inviter à dormir chez lui, ou cet homme et son fils qui nous ont ouvert les portes de leur maison centenaire à Missoula, sans nous connaître. Il y a aussi les voyageurs et cyclistes rencontrés en chemin et tous ceux qui nous encouragent sur la route et dans les montées.

Quant aux endroits, il y en a tant que nous avons aimé : l’île de Vancouver, malgré la pluie, les parcs nationaux canadiens de Banff, Yoho et Waterton, la route « Going-to-the-sun » du parc Glacier au Montana, et bien sûr la vallée de l’Okanagan et ses parois d’escalade ensoleillées.

M. G. : Combien de kilomètres roulez-vous en moyenne chaque jour (vous parliez d’un objectif de 50 km) ?

Rêve nomade : Nous roulons plus qu’initialement prévu, soit autour de 80 à 100 km par jour : nous sommes plus en forme et cela nous permet de profiter davantage de jours de repos !

M. G. : Que conseilleriez-vous à une famille qui envisagerait de planifier le même genre de projet ?

Rêve nomade : Un seul conseil : si vous le voulez vraiment, faites-le. Il n’y a aucune raison pour ne pas réaliser ce projet. Le plus difficile : se dire : « GO ». Par la suite, c’est de la logistique. Un travail, ça se retrouve, un logement aussi. On peut voyager avec presque n’importe quel budget. Quant aux enfants, ils seront les premiers à profiter du voyage et en sortiront grandis : ils sont plus capables qu’on ne le croit ! Nous ne sommes pas exceptionnels : tout le monde peut réaliser ce rêve. Il faut juste y croire, le vouloir et se faire confiance.

Author: csdproject

De mon vrai nom, Daniel, un papillon voyageur de 24 ans au moment d'écrire ! Touche à tout compulsif (encore une nouvelle maladie), j'aime (entre autre et dans le désordre): les rencontres humaines, le voyage à vélo, aller aux champignons, la crème brûlée, les films qui font peur, parler espagnol..etc

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